Reconnue d’utilité publique depuis 1899

Institution Barthelon — Société de Protection de l’Enfance

Plus d’un siècle d’histoire varoise

De grands changements politiques et culturels ont lieu dans le Var au XIXᵉ siècle. Ils provoquent une réelle prise de conscience des souffrances de certains enfants et aboutissent à la création de la Société de Protection pour l’Enfance maltraitée et moralement abandonnée.

1870 – 1892

L’époque des pionniers

La troisième République est proclamée le 4 septembre 1870. Après une période de turbulences politiques, la démocratie retrouvée permet le vote de lois fondamentales. Sous l’impulsion de Jules Ferry, la France se dote d’un enseignement primaire gratuit, obligatoire et laïc ; les syndicats reçoivent une existence légale et les communes un statut libéral.

Toulon, en 1890, grand port militaire de la Méditerranée, est en pleine activité. L’Arsenal emploie de nombreux personnels et la Marine nationale recrute de nombreux marins : la ville connaît un grand essor économique.

Le « Cercle de la Méditerranée », fréquenté par des personnalités de la Marine, de l’armée, de la magistrature, du commerce, de l’industrie, des élus et des gens de lettres, débat des problèmes d’une société en pleine effervescence.

Lors d’un échange, Maître Poilroux, avocat, parle avec émotion de la délinquance juvénile en pleine progression et de l’absence de moyens juridiques pour lutter contre ce fléau. La misère, explique-t-il, est la cause principale : faim, froid, violences familiales dont les enfants sont les premières victimes.

Œuvre philanthropique pour venir au secours de l’enfance maltraitée ou moralement abandonnée

Le docteur Aubin, médecin chirurgien de la Marine, propose de créer une œuvre capable de protéger, nourrir et éduquer ces enfants jusqu’à leur adolescence. Monsieur Michel, ancien commerçant, est chargé d’en étudier les moyens. Un projet de statuts est adopté à l’unanimité ; Maître Poilroux est désigné président.

Le nom est simplifié en Société de Protection pour l’Enfance Maltraitée et Moralement Abandonnée (S.P.E.M.M.A.). L’arrêté préfectoral est signé le 2 juillet 1892.

  1. 1892Maître Poilroux, avocat, premier président. Jean-Baptiste Abel, député du Var et conseiller général, lui succède.
  2. 1894 – 1898L’écrivain Jean Aicard prend la présidence.
  3. Après 1898Le docteur Charles Aubin succède et développe l’association de manière importante.
1898 – 1900

La donation de la propriété Barthelon

Au cours de l’année 1898, Mesdames veuves Barthelon et Peisson contactent le docteur Aubin et lui font part de leur projet : faire don de la propriété qu’elles ont héritée de Monsieur Jean-Joseph Barthelon.

Pour recevoir un don, l’association doit être reconnue d’utilité publique. Grâce au soutien de personnes influentes, la demande est formulée en janvier 1899 ; le décret est signé par le Président de la République Émile Loubet le 14 juillet 1899.

Le 5 janvier 1900, l’acte de donation est enregistré par l’étude de Maître Charles Bertrand, notaire à Toulon. L’Asile Barthelon est né.

2 juillet 1892Arrêté préfectoral de création
14 juillet 1899Reconnaissance d’utilité publique
5 janvier 1900Acte de donation de la propriété
1900 – 1969

Un siècle d’engagement

L’Asile Barthelon remplit sa mission bienfaitrice pendant toute la première moitié du XXᵉ siècle. Son fonctionnement est perturbé par les conflits : l’association paie son tribut aux deux guerres mondiales. Pendant toute cette période, garçons et filles sont hébergés et reçoivent gîte et éducation.

En 1945, dans un contexte encore très difficile, la Société s’efforce de rétablir le fonctionnement de l’Asile. À partir de 1948, la confiance est de nouveau au rendez-vous et les admissions d’enfants reprennent.

  1. 1949

    40 jeunes pensionnaires (33 garçons et 7 filles).

  2. 1950

    Le terme « Asile » est remplacé par « Fondation » — 33 garçons et 14 filles.

  3. 1953

    Apparition du terme « équipe éducative » — 3 monitrices pour 53 enfants.

  4. 1958

    Début des travaux de construction — accueil limité à 40 garçons.

  5. 1960 – 1961

    Fin des travaux — 90 pensionnaires de 6 à 14 ans, équipe de 6 personnes.

  6. 1969

    78 enfants hébergés, 8 moniteurs, intervention d’un psychologue deux fois par semaine.

1973 – aujourd’hui

De la première crise économique au XXIᵉ siècle

En 1973, la Fondation accueille 89 jeunes âgés au maximum de 16 ans. L’équipe éducative a quasiment doublé : le nombre d’éducateurs passe à 15.

En 1976, le projet du foyer Les Oliviers est mis à l’étude sur le terrain jouxtant la parcelle sud, acquis en 1974. La société LOGIREM finance la construction à 100 %. À l’automne 1980, les travaux sont terminés : adolescents et jeunes majeurs peuvent être accueillis dans le respect de leur besoin d’intimité et d’autonomie.

Dans le même souci, la Maison d’Enfants est réhabilitée : dortoirs, réfectoires et sanitaires collectifs laissent place à des unités de vie plus restreintes, avec une chambre individuelle pour chaque jeune. Les travaux commencent en mai 1986 ; l’inauguration a lieu le 20 mars 1987.

En 1992, de nouveaux statuts sont déposés. Le terme de « Fondation » est retiré au profit de Centre Éducatif Jean-Joseph Barthelon. Les 16 et 17 mai 1992, l’association célèbre son centenaire.

Entre 2007 et 2008, le foyer Les Oliviers est réhabilité. En septembre 2008, l’Institution Barthelon répond à un appel à projets du Département du Var pour un service d’accueil de jour ; les premières mesures sont confiées en 2009. En 2010, la Maison d’Enfants réaménage l’unité des plus jeunes pour accueillir en mixité. En octobre 2015, la Maison Flandrin ouvre ses unités jeunes majeurs.

Entreprise sociale, l’association S.P.E. continue d’améliorer, de moderniser et d’adapter son offre de services, au service des enfants et des familles accompagnés.

  1. 1980

    Ouverture du foyer Les Oliviers.

  2. 1987

    Inauguration de la Maison d’Enfants restructurée.

  3. 1992

    Centenaire · Centre Éducatif Jean-Joseph Barthelon.

  4. 2009

    Premières mesures d’accueil de jour.

  5. 2015

    Ouverture de la Maison Flandrin.